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9 28.01.2020 15:32:46 15:32

La quarantaine est-elle efficace pour contenir le coronavirus venu de Chine ?

Des rues désertes, le son des haut-parleurs intimant l’ordre de rester cloîtré chez soi, les rayons des supermarchés qui se vident… Sur Internet, les habitants de Wuhan, épicentre de la propagation du virus 2019-nCoV, ont commencé à documenter en vidéos la plus grande opération de quarantaine collective jamais mise en place, avec plus de 40 millions d’habitants concernés.

Une mesure de confinement héritée d’une longue tradition de gestion du risque sanitaire, mais dont l’efficacité fait largement débat. Lire aussi Coronavirus en Chine : 4 questions pour comprendre l’origine et la dangerosité Une pratique remontant au XIVe siècle Si la plus vieille occurrence de confinement de malades remonte à un épisode de lèpre dans l’Ancien Testament, c’est pour se protéger de la peste noire qu’apparaissent aux XIVe et XVe siècles les premières mesures documentées d’isolement des navires provenant de zones infectées.

La première opération du genre a été observée à Dubrovnik (Croatie) en 1377, puis à Venise (Italie) à partir de 1423. La durée imposée de l’isolement – trente, puis quarante jours – est à l’origine du mot de « quarantaine ». Les établissements qui accueillent les équipages confinés sont alors baptisés « lazarets » : déformation du nom de l’îlot dans la lagune vénitienne où accostaient les navires, Santa Maria di Nazareth, ou bien référence au Lazare de la Bible, saint patron des lépreux.

Gênes, Marseille…, les plus grands ports d’Europe s’équipent de tels établissements pour isoler les populations en provenance de zones infectées. Dans le même temps, la pratique du « cordon sanitaire » se développe également, pour contrôler et bloquer les entrées ou sorties d’une zone atteinte par une épidémie.

En 1665, le petit village britannique d’Eyam décide ainsi de s’isoler du reste du monde après un cas de peste, pour éviter de contaminer le reste de la région. Dans le sud-est de la France, un « mur de la peste » est érigé dans le Vaucluse en 1721 sur vingt-sept kilomètres pour protéger la région du Comtat Venaissin de la peste qui sévit alors à Marseille et en Provence.

Pour mettre en place ces mesures, l’Etat n’hésite pas à user de la force. Ainsi, en 1821, Paris envoie 30 000 soldats pour bloquer la frontière avec l’Espagne, afin d’empêcher la diffusion d’une épidémie de fièvre jaune. Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Chine, l’inquiétude vire à la psychose face à la propagation du coronavirus Une efficacité relative, loin d’être « l’arme absolue » Mécaniquement, la limitation des déplacements a un impact immédiat sur la propagation de l’épidémie.

Mais son efficacité dépend de la rapidité des autorités à la mettre en place, souligne ainsi Patrick Zylberman, historien de la santé et professeur émérite à l’Ecole des hautes études en santé publique, interrogé par Le Point : « Elle peut, par exemple, retarder et diminuer la hauteur du pic de.....

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