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Soins palliatifs : l’offre « est globalement insuffisante », juge l’Igas

C’est un rapport à la fois très attendu et très sombre que l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) vient de publier. Faisant le bilan du 4e plan national de soins palliatifs (2015-2018), elle critique en particulier son impact « modeste » sur le terrain.

« Le maillage territorial n’a que partiellement progressé » et « le déficit en personnels spécialisés persiste voire s’aggrave ».Résultat, l’offre « est globalement insuffisante », avec de fortes disparités régionales, « et ne répond pas bien à la demande de la population qui devrait recevoir des soins palliatifs », poursuit l’Igas, notant que 62 % des personnes majeures décédées en 2014 « auraient dû bénéficier de soins palliatifs ».

→ DIAPORAMA. Les vrais visages des soins palliatifs« C’est un constat critique, juste mais fidèle, qui souligne que des actions ont été conduites et des financements alloués, mais dont la concrétisation sur le terrain est extrêmement difficile à voir », commente le professeur Vincent Morel, président du comité de suivi du plan national de soins palliatifs.

Un retard importantEn cause : des budgets insuffisants, un faible nombre de professionnels spécialisés, une permanence et un accès aux soins dégradé dans certains territoires. Le constat a été dressé dès juillet 2019, mais dévoilé seulement maintenant. « Pourquoi a-t-on perdu tant de temps ? », interroge la docteure Anne de la Tour, ancienne présidente de la Société française de soins palliatifs.

« Le prochain plan va démarrer avec au moins deux ans de retard, faute de moyens ou de volonté politique. Quel gâchis ! »Ce futur plan est d’autant plus attendu que le ministère de la santé a annoncé, lundi 10 février, qu’il allait autoriser d’ici à quatre mois les médecins de ville à prescrire du midazolam, qui permet une sédation profonde et continue jusqu’au décès.

La Haute Autorité de santé s’y est dite favorable, mais à une condition : que la décision soit prise dans la collégialité et avec la « collaboration systématique d’une équipe spécialisée en soins palliatifs ». Or, à la lecture du rapport de l’Igas, la route pour que ce cadre éthique soit effectif semble encore longue.

Sur les médecins généralistes, l’Igas note que l’appropriation des référentiels de soins palliatifs est « très inégale ». Quant au réseau de soins palliatifs, « il ne couvre qu’une partie des Ehpad et des habitants à leur domicile ». Ainsi, « un Ehpad sur cinq seulement disposait en 2015 d’un membre du personnel formé, et moins de deux Ehpad sur trois étaient conventionnés » avec une équipe mobile.

« La coordination des parcours, réalisée parfois avec succès par tel médecin ou telle institution, n’a pas trouvé jusqu’à présent un modèle susceptible d’être déployé à plus grande échelle », sanctionne l’Igas.« Il y a des territoires où cela marche bien et d’autres qui sont comme des zones blanches, confirme Vincent Morel.

. Mais ce n’est pas spécifique aux soins palliatifs : ce sont des zones.....


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