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Coronavirus : à Carry-le-Rouet, « l’expérience de confinement est complexe et stressante »

La Croix : Comment va s’organiser le départ des premières personnes rapatriées ?Marc Zyltman : Nous y travaillons depuis plusieurs jours, à travers nos deux réunions de calage quotidiennes. D’abord d’un point de vue logistique, puisqu’elles sont 180 à quitter le site.

Il a donc fallu organiser une noria de bus et de navettes pour leur permettre de rallier, aux horaires demandés, la gare d’Aix-en-Provence, celle de Marseille Saint-Charles et l’aéroport Marseille-Provence. Ils sont prêts à partir. Chacun sait où il va et à quelle heure il monte dans son bus. Le premier quitte le site à 7 heures ce vendredi.

Par ailleurs, une trentaine de personnes ont la chance d’avoir des proches qui viennent les chercher. Leurs voitures seront stationnées sur un parking en contrebas de la colline du site. Nous accompagnerons les rapatriés en minibus jusqu’à leurs familles, de façon à ce que les personnes extérieures au site ne se mélangent pas avec celles qui y résident.

Les personnes confinées regagneront leur domicile ou celui de leur famille, dans à peu près toutes les régions françaises.Quelles dispositions sont prises pour leur suivi médical ?M. Z. : Le temps d’incubation de 14 jours est écoulé et ces personnes ne présentent aucun signe de contamination. Aucun cas n’est suspect.

Depuis leur arrivée, les rapatriés du site sont suivis quotidiennement par la réserve sanitaire de l’Agence régionale de santé (ARS) composée de médecins, infirmiers et psychologues. Il a aussi fallu gérer les bobos du quotidien : vous imaginez que sur 227 résidents, certains ont eu un rhume ! Une fois qu’ils auront quitté le site, ils resteront en contact téléphonique avec cette équipe.

Notamment, s’ils en manifestent le besoin, pour s’assurer de leur bien-être psychologique, car même s’ils ont été très encadrés, l’expérience de confinement est particulière.Dans quel état d’esprit sont-ils, justement ?M. Z. : Ce sont des gens sereins. Les soutenir, rendre leur séjour le plus humain possible, est d’ailleurs la mission principale de la Croix-Rouge dans ce dispositif inédit.

Il faut rappeler qu’aucun arrêté de confinement pour des raisons sanitaires n’avait été pris en France depuis une épidémie de choléra au XIXe siècle… C’est une situation de crise complexe et stressante à laquelle ces personnes, dont 51 enfants, doivent faire face.→ INFOGRAPHIE. Coronavirus, les chiffres de l’épidémieNotre objectif de leur faire vivre ce moment avec humanité est rempli.

Nous avons pour cela mis en place une forme de routine quotidienne qui permet de rendre la vie la plus « normale » possible. Avec, par exemple, une classe maternelle pour les tout-petits le matin, dont les cours étaient assurés par deux enseignants rapatriés ; mais aussi des activités sportives pour les adultes et les ados, l’après-midi, ou des tournois de volley, de pétanque ou de baby-foot dont la seule particularité est de se jouer avec un masque, puisque les résidents en portent.

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