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Michèle Cotta : « Griveaux, le dégoût, l'écœurement et la colère »

Du dégoût ? De lécœurement ? Oui, sûrement. Mais surtout de la colère. Colère, cest le mot, à lidée que la campagne de Paris se solde, pour le candidat de La République en marche, par une photo porno. Benjamin Griveaux na aucune excuse : chacun sait, depuis longtemps, quel sort attendent les vidéos et autres photos de ce genre lorsquelles sont mises en ligne de quelque forme que ce soit : celui dêtre rendues publiques par un(e) partenaire indélicate ou tentée de se venger.

Ces photos auraient été expédiées par leur auteur en 2018 (selon le site Médiapart), cest-à-dire alors que Griveaux sétait déjà lancé dans la campagne de Paris. On ne peut pas dire quil était inconscient de ce quil faisait. On ne peut le soupçonner de bêtise. Il sest mis lui-même dans le piège le plus idiot, le piège le plus vieux du monde, celui de la sexualité, à laquelle linformatique donne souvent aujourdhui un écho minable.

Lire aussi Sophie Coignard, Paris : linsauvable soldat GriveauxMais il ne sagit pas ici de vie privée. Compagnon de la première heure du président, ministre, ancien porte-parole du gouvernement puis candidat à Paris, Benjamin Griveaux ne pouvait ignorer quel risque il courait lui-même, ni surtout celui quil faisait courir à son parti, La République en marche, et au président de la République au premier chef.

Dominique Strauss-Kahn, dont Benjamin Griveaux était alors proche, a payé cher sa nuit dans la suite 2806 de lhôtel Sofitel de New York en 2011. Du moins nétait-il pas, ou pas encore, en campagne. Du moins noffensait-il pas ses électeurs.Pas seulement une offense, mais une insulte collectiveCest, sans être dune pudeur de première communiante, ce qua fait Benjamin Griveaux.

Il ne sagit pas seulement doffense, il sagit plutôt dune insulte collective adressée à tous ceux qui sapprêtaient à voter pour lui. Dans un moment où les hommes politiques de lancien ou du nouveau monde se disputent le privilège de la morale, il est insupportable de les voir si souvent en manquer. Il nous arrive de fermer les yeux sur leurs petites faiblesses, certes.

Mais pas lorsquelles bouleversent le cadre dune élection, la plus importante aux yeux des électeurs, lélection municipale dans la plus grande ville de France.Lire aussi, EXCLUSIF. Benjamin Griveaux et les « abrutis »Comment défendre une classe politique attaquée de toutes parts, comment réhabiliter lexercice du pouvoir, la noblesse du combat pour une certaine idée de la France, comment défendre la démocratie même, si ceux qui réclament nos suffrages sont à ce point incapables de les mériter ?La rédaction vous conseilleBenjamin Griveaux abandonne la Mairie de Paris !.

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code de nouvelles: 467130  |  Le Point
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