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Emilien Jacquelin, le biathlon version panache



Emilien Jacquelin lors du relais mixte simple à Pokljuka (Slovénie), le 25 janvier. Darko Bandic / AP Son idole de jeunesse, ce n’était ni Ole Einar Bjorndalen ni Raphaël Poirée, ni même Martin Fourcade. Non pas qu’Emilien Jacquelin n’ait aucun respect pour ses trois glorieux aînés biathlètes.

Mais lui, son héros, c’était plutôt un type à la barbichette et au crâne chauve qui jetait son bandana avant de passer à l’attaque. « Quand j’étais jeune, j’adorais Marco Pantani, son panache… Quand je le voyais attaquer à 60 km de l’arrivée sans se poser de questions, je trouvais ça incroyable, raconte le benjamin de l’équipe de France (24 ans).

Bon, par la suite j’ai appris qu’il était dopé… » Du « Pirate » italien, Jacquelin a préféré garder l’image du coureur à l’ancienne, cette envie de faire le spectacle, à laquelle il se risque à son tour sur les spatules. Pour exprimer son talent, rien de tel que les courses en confrontation, poursuites et mass-start (départ groupé) en tête.

Dimanche 16 février, aux Mondiaux d’Antholz-Anterselva, il s’élancera en 6e position de la poursuite. « Je prends beaucoup de plaisir dans ces formats-là. Lorsqu’il y a beaucoup de public comme au Grand-Bornand [en décembre 2019, où il a pris la 2e place de la mass-start], je n’ai pas de pression, j’adore jouer avec le public et les adversaires.

Quand j’étais jeune, je faisais beaucoup de cyclisme, j’attaquais tout le temps. Je n’ai jamais eu envie de perdre ce tempérament de joueur qui me définit et qui parfois me joue des tours… » Lire aussi Aux Mondiaux de biathlon, duel à… trois pour une couronne Le vélo, le Grenoblois s’y est essayé en club jusqu’à ses 17 ans, cumulant la dernière année cyclisme, ski de fond et biathlon.

Une mononucléose mettra fin aux rêves d’échappées sur le Tour de France et à une potentielle carrière professionnelle. En revanche, personne ne discute le talent du garçon sur les skis. « On m’a proposé d’intégrer le Pôle espoir de Villard-de-Lans [Isère], ce jour-là, je me suis dit que le vélo ne voulait pas de moi.

» « Il ne faut pas que je me gêne » En 2018, après ses résultats prometteurs en Coupe du monde et sa sélection aux Jeux olympiques de Pyeongchang, la Fédération internationale lui décerne le trophée de la révélation de l’année, comme en son temps un certain Martin Fourcade, devenu son partenaire d’entraînement sur les pistes du Vercors.

Mais Jacquelin ne parvient pas à confirmer l’hiver suivant. Trop de respect pour ses camarades, qu’il regarde « avec de grands yeux. Je m’étais enfermé dans ce rôle du petit jeune, c’est assez confortable, admet l’intéressé. Mais finalement, si je cours c’est pour être devant, si j’en suis capable, il ne faut pas que je me gêne.

. Il y a un an, j’avais du mal à me faire à cette idée-là. Plusieurs fois, je jouais des podiums sur les courses mais sur le tir debout, j’étais fébrile car je n’y croyais pas tout simplement.....


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