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Vente de médicaments en ligne  : les pharmaciens s’inquiètent d’un projet de loi

Pour les pharmaciens, le diable s’est caché dans un détail. En l’occurrence, il s’est niché dans le projet de loi d’accélération et de simplification de l’action publique (ASAP), texte aux vastes contours examiné au Sénat à partir de ce lundi 17 février.

Entre des articles visant à supprimer des « comités Théodule » ou à simplifier l’inscription à l’examen du permis de conduire, il y est question de « faciliter » la vente en ligne de médicaments sans ordonnance.Porté par le gouvernement et présenté en conseil des ministres le 5 février, le texte prévoit l’assouplissement des règles pour l’ouverture d’un site Internet.

Il autorise aussi des petites officines à mutualiser leurs moyens pour en créer un. Par ailleurs, il rend possible l’existence des « entrepôts déportés », c’est-à-dire des locaux éloignés des pharmacies pour stocker les produits et organiser la logistique nécessaire au e-commerce.Certains en ont conclu qu’il s’agissait d’une porte ouverte à l’arrivée sur le marché d’Amazon, qui commercialise déjà des médicaments dans d’autres pays - et qui est de plus en plus présent dans le domaine de la santé.

« C’est plus qu’une porte ouverte, on leur offre sur un plateau le droit de faire ce qu’ils font à l’étranger, estime Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). Nous ne sommes pas dupes ! Ce texte fait l’unanimité contre lui dans la profession. »Une « ubérisation de la pharmacie »De fait, le tir de barrage est nourri.

Alors que le Conseil national de l’ordre des pharmaciens s’est dit « préoccupé » et a demandé le retrait du texte, l’Association nationale des étudiants en pharmacie de France a dénoncé « l’ubérisation de la pharmacie ». Pour les futurs pharmaciens, les dispositions prévues dans le projet de loi « sont une menace pour la santé publique et vont à l’encontre d’une prise en charge adaptée sécurisée pour le patient ».

Selon Gilles Bonnefond, « 99 % » des professionnels consultés par l’USPO sont hostiles au texte. « Cela arrive à un moment où on nous demande de faire passer le paracétamol derrière les comptoirs (1), c’est totalement contradictoire et incohérent », souligne-t-il.« Nous sommes d’autant plus contrariés que nous avons beaucoup discuté du sujet en amont avec le premier ministre, ajoute Philippe Besset, président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF).

Nous avions fait des propositions pour développer des pharmacies virtuelles et on voit arriver un texte qui n’a rien à voir… »→ ANALYSE. Médicaments à l’unité, l’idée « anti-gaspi » du gouvernement diviseLa colère se nourrit d’ailleurs du fait que le projet est porté par Bercy, via le ministre de l’économie et celui de l’action et des comptes publics, et non pas par la ministre de la santé, Agnès Buzyn.

. Cette dernière a toutefois tenté de désamorcer la crise en répétant qu’il n’était pas question de briser un monopole au profit d’Amazon. « Nous ne souhaitons.....


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