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Ce que révèle l’affaire Griveaux

De quoi l’affaire Griveaux est-elle le signe ? L’ex-candidat LREM à la mairie de Paris, qui a démissionné en quelques heures vendredi 14 février, en raison de vidéos à caractère sexuel diffusées à son insu sur le web et les réseaux sociaux, laisse la classe politique sonnée.

Au-delà de la dénonciation de méthodes abjectes par des responsables de tous bords, un malaise plus profond se fait sentir dans leurs rangs. Car ces responsables le savent : le système démocratique est fortement interrogé.De fait, le numérique a engagé un changement en profondeur de la vie politique française.

Et remis en cause l’image même des politiques. « L’irruption des réseaux sociaux dans le champ des démocraties a créé ce que j’appelle un parlement sauvage où les messages circulent sans règles, sans cadres, sans médiations », développe le magistrat Denis Salas, auteur de La foule innocente (DDB). Résultat, poursuit-il : « Les protagonistes sont indifférenciés.

Et le responsable politique qui s’y engage est dépossédé de sa fonction symbolique car il choisit d’être directement accessible. »Cela lui permet de s’adresser directement, et sans médiation, à ses électeurs. Mais cette « sorte d’ivresse de la démocratie directe » dont parle Denis Salas, est à double tranchant : « En échange, n’importe qui peut les interpeller et les messages d’anonymes peuvent avoir une immense portée.

»« Ils sapent eux-mêmes la confiance qu’ils prétendent incarner »Au-delà des outils numériques, les politiques eux-mêmes ont participé, ces dernières années, à la fragilisation de leur image. « On peut toujours parler de désacralisation et de crise majeure du politique, mais en l’occurrence, les politiques y participent largement », juge Jérôme Fourquet, qui dirige le département Opinion de l’Ifop.

« Lorsque Benjamin Griveaux envoie ce genre de vidéos, ou lorsque Christophe Castaner se laisse filmer en boîte de nuit en train de danser un soir de manifestations des gilets jaunes à Paris, ils sapent eux-mêmes la confiance qu’ils prétendent incarner. »La crise de confiance laisse également apparaître la fragilité de certaines institutions.

« Leur fonction même est interrogée, estime le philosophe Olivier Abel. Les institutions sont d’abord des lieux qui permettent de différer la parole. Elles sont l’inverse de la transparence totale. Elles permettent de ne pas mélanger les registres. » Or leur fragilisation produit une disparition de ces filtres nécessaires à la transmission d’une information, estime le philosophe.

À cela s’ajoute un phénomène découlant directement du numérique : « Nos sociétés sont très sensibles à l’injustice ou aux humiliations, mais nous ne savons pas gérer la calomnie », note Olivier Abel, qui précise : « Pendant des siècles, nous avons vécu dans des sociétés reposant sur la loi, c’est-à-dire sur des textes écrits.

. Mais peu à peu, les nouvelles technologies nous ont fait rebasculer dans une société de l’oralité, et donc de la.....


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