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La chanteuse franco-malienne Rokia Traoré, libérée sous contrôle judiciaire, pourra être extradée

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Rokia Traoré au festival de Cannes en 2015.

LOIC VENANCE/AFP Ecrou no 456567 va pouvoir sortir de prison. Et c’est une première victoire pour Rokia Traoré. Mercredi 25 mars, la cour d’appel de Paris a accepté la requête de son avocat, Me Kenneth Feliho, de remettre en liberté pour raisons médicales la Franco-Malienne qui avait débuté une grève de la faim depuis son incarcération, le 10 mars.

Son emprisonnement constituait également un risque pour sa santé dans la crise sanitaire que le pays traverse. Lire aussi Mobilisation en faveur de la chanteuse franco-malienne Rokia Traoré incarcérée en France Affaiblie, l’artiste va quitter sa cellule de Fleury-Mérogis (Essonne), mais sous contrôle judiciaire avec l’interdiction de quitter le territoire.

Elle restera à Paris. Car, dans le même temps, la justice française s’est prononcée pour l’extradition de la chanteuse vers la Belgique, où elle risque cinq ans de prison. « Nous allons désormais nous battre en utilisant toutes les voies de recours », explique Me Kenneth Feliho. Il annonce se pourvoir en cassation concernant la décision d’extradition.

« Protéger » sa fille Le 10 mars, l’artiste de 46 ans, nommée en 2016 ambassadrice de bonne volonté du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), a été arrêtée lors de son escale à Paris, puis incarcérée : elle venait de quitter le Mali pour se rendre à Bruxelles, afin de répondre « librement » à une convocation en appel de la justice belge.

En effet, Rokia Traoré est sous le coup de deux mandats d’arrêt européens pour « enlèvement, séquestration et prise d’otage ». L’artiste ne veut pas remettre sa fille de 5 ans à son père, de nationalité belge, duquel elle est séparée, même si un jugement de 2019 l’y contraint. Pourquoi un tel refus ? Le tribunal de première instance de Bruxelles avait décidé de confier « la garde exclusive » de l’enfant à son père : une décision que la chanteuse a contestée « dès le départ », d’après Me Kenneth Feliho, du barreau de Bruxelles, puisqu’elle avait interjeté appel du jugement de première instance.

Dans une lettre ouverte rendue publique par son avocat, l’artiste explique résider au Mali avec ses deux enfants depuis 2015, y être depuis enregistrée au consulat de France à Bamako « en tant que Malienne de nationalité française », et assure que son fils de 14 ans fréquente « sans interruption depuis septembre 2016 » le Lycée français de Bamako.

. Selon elle, « la France ne peut nier » qu’il est impossible qu’elle ait eu « un domicile à Bruxelles duquel [elle aurait] enlevé [sa] fille de 4 ans subitement en 2019 », écrit-elle : « Il est évident que je ne peux avoir vécu sur deux.....


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