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Les humanitaires face au défi inédit du coronavirus

Rachel Wolff est basée à Cox’s Bazar au bout du Bangladesh, à deux heures de route des camps. Ici, vivent depuis plus de deux ans les 900 000 réfugiés Rohingyas qui ont fui les exactions de l’armée birmane. Des tentes de plastique et de bambous surpeuplées s’agglutinent sur des collines déboisées.

Cette Américaine, présente depuis l’origine de la crise, dirige les 560 salariés de l’ONG Vision du Monde dont les activités bénéficient, pour l’instant, à 400 000 personnes. Sur place son équipe actuelle comprend 11 expatriés, soit trois Américains et des Africains du Kenya, Zimbabwe, Malawi et Sierra Léone.

Six autres expatriés n’ont pas pu revenir avant l’arrêt des liaisons aériennes, et ils travaillent depuis le pays où ils se trouvent.Six ONG s’unissent pour les Rohingyas« tout ce qui vient de l’extérieur est une menace »Rachel Wolff, comme tous les travailleurs humanitaires de la planète, s’affaire depuis une semaine à protéger son équipe, adapter les activités déployées aux nouvelles exigences de sécurité sanitaire, tout en continuant d’assurer une aide aux 70 millions de réfugiés et de déplacés de par le monde qui tentent de mener une vie décente, en dépendant du bon vouloir des donateurs.

Aux Rohingyas au Bangladesh ; aux Somaliens dans les camps kényans ; aux Syriens dans le camp jordanien de Zaatari ; aux Vénézuéliens dans les rues colombiennes, pour qui le coronavirus est un nouveau fléau dont ils ont du mal à évaluer l’ampleur.Anna Coffin de l’ONG suisse « inspirée par les valeurs chrétiennes » Medair, constate cette peur chez les Afghans du centre du pays à qui ses équipes distribuent de la nourriture et des produits d’hygiène.

« Nous commençons à leur expliquer les gestes barrières contre cette maladie qu’ils redoutent sans en percevoir pour l’instant la réalité. » Cette peur peut nourrir un rejet : « tout ce qui vient de l’extérieur est considéré comme une menace. C’est ce que nous constatons en République démocratique du Congo », poursuit-elle.

« Protéger ses équipes » a consisté d’abord, pour ces humanitaires, à leur offrir la possibilité de revenir dans leur pays. Chez Care, Philippe Lévêque l’a proposé il y a une semaine. « Certains ont réagi trop tard, quand les frontières étaient déjà refermées. Il y a deux jours, un vol organisé par l’Ambassade de France au Tchad a permis de faire partir certains de nos expatriés », explique-t-il.

Ceux qui restent se sont regroupés dans des guest-houses avant les confinements. « Notre personnel local est payé en chèques que nous leur remettons. Comment vont-ils maintenant toucher leurs salaires ? ».Chez Médecins Sans Frontières (MSF), Pierre Mendiharat n’a pas constaté de « demandes massives » de retour.

. La préoccupation de ses soignants concerne les matériels médicaux et de protection, comme l’oxygène et les masques. À Cox’s Bazar, Rachel Wolff demande à ses employés de prendre leur température avant d’aller dans les camps, histoire de ne pas.....


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