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4 26.03.2020 10:21:02 10:21

Coronavirus : « Ensemble, on peut éviter l’effroyable »

Partout en Ile-de-France, il y a de plus en plus de malades. Dans notre hôpital de Seine-Saint-Denis, l’afflux de patients est constant, avec des cas graves qui nécessitent beaucoup d’attention. Mais nous ne sommes pas encore arrivés à saturation.

Pour faire face au pic qui se profile, nous continuons d’étendre nos capacités d’accueil en réanimation. Dans mon service, nous avions 16 lits au départ. Aujourd’hui, on est passé à 24, et nous devrions parvenir à 32 lits dans les jours à venir.→EN DIRECT. Coronavirus en France : des annonces sur le confinement « dans les prochains jours »L’idée, c’est de faire de la réanimation hors les murs, en transformant des services de médecine et de chirurgies conventionnelles en locaux de réanimation.

Les conditions seront forcément moins optimales, et les patients moins encadrés, mais il faut bien imaginer des solutions alternatives si on ne veut pas se retrouver dans la même situation que l’Italie ou l’Espagne. On essaie d’avoir toujours un ou deux coups d’avance.Engagement et sens du devoirOn anticipe en recrutant à tour de bras.

Quand je ne soigne pas les malades, je forme les nouveaux, car la réanimation demande des compétences spécifiques. Malgré le contexte, les défections de soignants sont rares, bien que leur santé et celle de leurs proches soient en jeu. Je dois dire que je suis ébloui par l’engagement et le sens du devoir dont les équipes font preuve.

Infirmiers, aides-soignants, médecins : tout le monde est impliqué. Ce qu’on appelle vocation prend ici tout son sens.Ce qui me frappe aussi, c’est à quel point les ego ont été mis de côté. Les relations sont apaisées, les différends passés entre tel ou tel service ont disparu. Et je n’ai jamais eu d’aussi bons rapports avec les personnels administratifs.

Des problèmes qui jusque-là paraissaient insolubles ont été réglés en un rien de temps. C’est impressionnant. On le sait, cette crise va être longue et difficile à vivre, mais tous ensemble, on peut éviter l’effroyable. Ça va marcher. Il faut que ça marche. Et quand tout ça sera terminé, on aura gagné le droit d’ouvrir quelques bouteilles.

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