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Face au coronavirus, le retour de l’État

« Le gouvernement mobilisera tous les moyens nécessaires pour sauver des vies (…) Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et nos entreprises. Quoi qu’il en coûte », déclarait solennellement le président Macron dans son adresse aux Français, le 12 mars.

En France et dans le monde, cette mobilisation de l’État se (dé) mesure en milliards sonnants et trébuchants, au secours des acteurs de l’économie. Paris a annoncé le financement massif du chômage partiel, le report des charges des entreprises, la création d’un fonds pour indemniser les indépendants… La facture potentielle s’élève, à ce stade, à 45 milliards d’euros, contre « seulement » 35 milliards, sur 2 ans, pour la relance française durant la crise de 2008.

Sans oublier d’éventuelles nationalisations ainsi que les 300 milliards de garantie des crédits bancaires (lire ci-contre).Plus d’État, moins d’ÉtatOubliée, la traditionnelle vigilance budgétaire. Alors que les États-Unis viennent de mettre 2 000 milliards de dollars sur la table, « les Européens prennent des mesures comparables, confirme Jean Pisani-Ferry, professeur à Sciences-Po Paris et à l’Hertie School à Berlin.

On avait déjà constaté cette homogénéité des réponses en 2008. »Oubliés, aussi, certains repères idéologiques. « Il n’y a pas si longtemps, les débats portaient encore sur une réduction de la place de l’État. Celui-ci est devenu centralisateur et seul régulateur de l’économie », analyse l’économiste Arthur Jurus.

En réalité, nuance Christian Saint-Étienne, professeur au Conservatoire national des arts et métiers, « tout État confronté à une crise endosse l’uniforme du pompier ». À ce stade, renchérit Hervé Goulletquer, à La Banque Postale AM, « il s’agit moins d’orienter l’économie que de faire en sorte que le tissu productif et social ne se déchire pas trop en attendant le redémarrage ».

Cet interventionnisme mû par l’urgence et l’ampleur du choc se pérennisera-t-il alors que, rappelle cet expert, « l’histoire économique est faite de mouvements de balancier entre la demande de plus d’État et celle de moins d’État ». La tendance au « moins d’État », sur lequel s’est construite l’économie mondialisée d’aujourd’hui, peut-elle s’inverser ? Ou bien le redémarrage économique s’accompagnera-t-il d’un retour aux affaires classique, chacun retrouvant sa place d’avant-coronavirus, « privatisant les profits » après avoir « socialisé les pertes » ?La demande d’un État plus protecteurLe contexte plaide pour une nouvelle donne.

« On voit monter depuis quelques années une insatisfaction des peuples, retrace Hervé Goulletquer, avec une demande d’un partage des richesses moins inégalitaire et d’un État plus protecteur, et plus souverain. La crise de 2008 a renforcé cette demande. » Le coronavirus serait, comme les autres crises, un accélérateur de l’Histoire.

. « Des choses étaient déjà dans l’air, renchérit Elie Cohen, directeur de recherches au CNRS, entre la montée du souci environnemental,.....


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