×
30 15.05.2019 19:56:21 19:56

La contagion djihadiste au Burkina Faso


« Nous nous sommes engagés au Mali pour éviter que l’hydre islamiste s’installe dans notre pays », confiait dès le 18 janvier 2013 à La Croix, un officier burkinabé dans le nord du Mali. Las, rien n’y a fait. Six ans plus tard, non seulement l’« hydre islamiste » a étendu ses ramifications au Mali mais elle a gagné du terrain dans tout le Sahel, en premier lieu au Burkina Faso.

La double attaque dont a été la cible, le 12 et 13 mai 2019, la communauté catholique burkinabée est le dernier développement d’une contagion que rien ne peut, semble-t-il, contrarier. Et dont le principal effet est la désagrégation du Burkina Faso sous les coups des attaques djihadistes de plus en plus nombreuses et meurtrières.

Le nord et l’est échappent à OuagadougouAttaques qui relancent le contentieux entre les éleveurs Peuls et les agriculteurs, entraînent des expéditions punitives d’une communauté contre une autre.Résultats ? Après avoir perdu, de fait, la main dans le Nord du pays, Ouagadougou ne contrôle plus vraiment l’Est tandis que les attaques se multiplient aussi dans l’Ouest.

Désormais, c’est la moitié du Burkina Faso qui se trouve en zone rouge et zone orange pour le quai d’Orsay.« Les attaques djihadistes ont entraîné la fermeture de 216 écoles dans le nord du Burkina Faso »L’implantation djihadiste a commencé à apparaître au grand jour en 2015, soit un an après la chute de l’ancien président Blaise Compaoré.

Pour nombre d’observateurs, la concordance de ces deux événements n’est pas une coïncidence.La responsabilité Blaise CompaoréLa dissolution du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde prétorienne du président déchu, ossature des forces de sécurités burkinabé, et l’arrestation du général Gilbert Diendéré, le chef du renseignement et l’homme le plus connecté avec les réseaux islamistes – à la suite du coup d’État manqué de septembre 2015 –, ont laissé le terrain libre aux incursions djihadistes dans le nord du pays.

D’autant que Blaise Compaoré est soupçonné d’avoir établi un pacte de non-agression avec ces mouvements, en premier lieu avec le Malien Iyad Ag-Ghali, le principal chef djihadiste du Sahel francophone et le premier à avoir frappé le Burkina en 2015. « Si aujourd’hui nous sommes l’objet d’attaques, affirmait le président Roch Kaboré, le 31 janvier 2016, c’est parce que la trêve, qui était une forme de collusion entre le régime de Blaise Compaoré et ces mouvements, est terminée.

 »Les trois groupes djihadistes actifs au BurkinaEn 2019, l’organisation d’Iyad Ag-Ghal, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), est toujours très active sur le sol burkinabé. Il est en lien avec Ansaroul Islam, créé en décembre 2016 par Ibrahim Dicko. Essentiellement composé de Peuls, Ansaroul Islam est implanté à la fois au Mali et dans le nord du Burkina Faso, dans la province de Soum.

.Ces deux groupes sont rattachés à Al-Qaida. La troisièmement organisation djihadiste active au Burkina.....


code de nouvelles: 59113  |  la-croix
Toutes les nouvelles ont été recueillies par AllFrenchNews Crawler