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« Confrontations » : pourquoi Merkel en veut à Macron

À dix jours des élections européennes, les nerfs sont à vif entre Paris et Berlin. Angela Merkel na pas fait mystère de ces tensions dans linterview quelle a donnée au quotidien Süddeutsche Zeitung du 16 mai. Elle évoque des « confrontations » avec Emmanuel Macron, des « désynchronisations », des « différences de mentalité » ainsi que des « différences de conception de [leur] rôle ».

Si le couple est au bord du divorce, cest que les causes de disputes se sont accumulées ces derniers mois, sans que ni la chancelière allemande ni le président de la République fassent leffort de faire un pas vers lautre. Mais le temps de la grande explication nest pas encore arrivé.La mise au point de la chancelière est la réponse de la bergère au berger.

Dans sa conférence de presse le 25 avril à lÉlysée, le président de la République navait pas épargné Merkel. Soulignant ses désaccords avec elle sur le Brexit, la lutte contre le changement climatique ou les relations commerciales avec lAmérique, Emmanuel Macron y avait vu autant de « confrontations fructueuses » avec la dirigeante allemande.

Pas le premier président français avec qui je travaille.Le nouveau positionnement de Macron, plus rugueux et moins accommodant, na pas échappé à Berlin. Quant à la chancelière, qui observait avec les yeux de Chimène le chef de lÉtat après son élection il y a deux ans, elle a vite déchanté. À ses yeux, Jupiter est devenu à peine un demi-dieu.

Il ne se distingue plus de la cohorte des présidents français avec qui elle a cohabité – Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy, François Hollande – depuis quatorze ans quelle est au pouvoir. « Le président Macron nest pas le premier président français avec qui je travaille », lâche-t-elle dans linterview.

Quatre facteurs récents expliquent laccès de mauvaise humeur de Berlin vis-à-vis de Paris. Il y a dabord la campagne électorale, puisque, en sefforçant daffaiblir le groupe parlementaire conservateur du Parti populaire européen (PPE) dominé par la CDU de la chancelière, Emmanuel Macron sen prend aux intérêts de Berlin.

Il y a, ensuite, limpression dominante en Allemagne que le président de la République a mis les réformes sous le boisseau depuis la crise des Gilets jaunes, ce qui nuit à la crédibilité de la France. Il y a eu la décision de Paris, le mois dernier, de voter à Bruxelles contre louverture de nouvelles négociations commerciales avec les États-Unis, ce qui a été vu en Allemagne comme une attaque directe contre les intérêts commerciaux nationaux.

Il y a eu enfin les désaccords devenus manifestes au dernier sommet de Sibiu sur lobjectif dune neutralité carbone en 2050. Tout cela na fait que renforcer à Berlin le sentiment diffus que le pouvoir macronien cherche à imposer ses vues en Europe plutôt quà élaborer de véritables compromis pratiques avec lAllemagne, comme on a pu le voir aussi sur le projet de taxe sur les grandes multinationales du numérique ou sur la gestion du Brexit.

.Lire aussi Pourquoi la France a déjà perdu les européennesMerkel.....


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