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La création d'un poste de « procureur commercial » soumise à Bruxelles

Face à la Chine et aux Etats-Unis, lUnion européenne (UE) pêche-t-elle par naïveté ? Sa politique de la concurrence et sa politique commerciale sont en tout cas aujourdhui sous le feu des critiques. La première est accusée dempêcher la constitution de champions européens pour lutter dégal à égal avec les géants américains et chinois , la seconde, pour faciliter lafflux dimportations en provenance de pays dont les normes sociales, environnementales et concurrentielles sont moins exigeantes que celles du Vieux Continent.

Dans une note publiée jeudi, le Conseil danalyse économique (CAE) bat en brèche une partie de ces arguments en défendant tout dabord la mise en place de la politique de concurrence au niveau communautaire.Une politique de la concurrence qui « fonctionne bien » « Ce nest pas la politique de concurrence européenne qui serait trop rigoureuse mais celle des Etats-Unis qui serait trop laxiste », écrivent les trois économistes qui ont rédigé la note.

« La politique de la concurrence fonctionne bien dans lUE en termes de pouvoir dachat et de productivité », affirme ainsi Sébastien Jean, directeur du Centre détudes prospectives et dinformations internationales (Cepii) et co-auteur de létude. Ainsi, la concentration des marchés américains est généralement plus forte quen Europe et entre 2000 et 2015, les prix ont augmenté de 15 % de plus outre-Atlantique mais les salaires de seulement 7 %.

Les consommateurs américains y ont donc perdu, selon les économistes du CAE.Reste à savoir si cette politique a affaibli les entreprises européennes et leur capacité à conquérir des marchés extérieurs. A cette question, les auteurs répondent quentre 2010 et 2018, seules sept fusions ont été refusées par les services de la Commission.

« Il existe des instruments pour lutter contre les concentrations qui ont des effets immédiats néfastes sur le marché européen, mais il faut sassurer quils permettent aussi dempêcher les acquisitions « tueuses », cest-à-dire celles qui visent à tuer toute concurrence future dans loeuf et à étouffer linnovation », estime le patron du Cepii.

LEurope au défi de la cohésionLautre question à laquelle doit répondre lUE est celle du libre-échange, de plus en plus remis en cause dans les pays développés après trois décennies de mondialisation. Là, les économistes constatent que « lUE na jamais engagé de procédure de différend devant lOrganisation mondiale du commerce (OMC) contestant directement des dispositifs de subventionnement en Chine ; elle ne sest plainte quen 2018, après les initiatives américaines, contre les transferts forcés de technologie ».

Ils appellent à renforcer « la défense des intérêts européens ». « Il faut faire de la lutte contre les subventions laxe prioritaire , juge Sébastien Jean.Les auteurs proposent la nomination dun « procureur commercial » européen, doté de moyen denquêtes et habilité à prendre des mesures.

. Mais ils avouent que la politique commerciale « met lEurope.....


code de nouvelles: 62971  |  Les Échos
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