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Au Maroc, la majorité des femmes sont victimes de violences

Le centre d’écoute de l’association marocaine de lutte contre la violence à l’égard des femmes (AMVEF) est niché au cinquième étage d’un vieil immeuble de l’époque française, en plein centre de Casablanca. Quelques femmes patientent dans la petite salle d’attente.

Dans une « salle d’écoute » soigneusement fermée, un membre de l’association prête l’oreille au récit d’une victime et tente de cerner ce dont elle a besoin.Au Maroc, les mariages de mineures en hausseLe centre, créé en 1995, était le tout premier au Maroc. « Très peu de femmes osaient frapper à sa porte les premières années, assure Sabrina El Maalem, responsable de projets de l’AMVEF.

L’un de nos objectifs, à l’époque, était de briser le mur du silence. Nous y sommes parvenues. » Dorénavant, 1 200 femmes viennent demander de l’aide chaque année. C’est encore peu eu égard au phénomène massif des violences. D’après l’enquête nationale du ministère de la famille publiée mardi 14 mai, 54,4 % des Marocaines ont subi une violence (physique, sexuelle, psychologique, économique, électronique) dans l’année qui a précédé.

Les centres d’hébergement ferment les uns après les autresLa loi 103-13 de lutte contre les violences faites aux femmes, adoptée il y a plus d’un an, a permis quelques avancées, comme la création d’une infraction de harcèlement sexuel. Selon les associations féministes, elle a n’a cependant pas permis d’améliorer la prise en charge des victimes ni de mettre en place des dispositifs de prévention.

« Nous avions de grandes ambitions au moment de l’élaboration de cette loi. Elle a été une grande déception. La société civile n’a pas été consultée, alors que les associations sont les seules à offrir des services d’écoute et d’hébergement, qui ne sont pas assurés par l’État », déplore Sabrina El Maalem.

Le Maroc adopte une loi contre les violences faites aux femmesAinsi l’AMVEF ne reçoit aucun soutien de l’État. « Dans la région, il n’y a qu’un seul autre centre d’écoute et il ne reste que deux centres d’hébergement dédiés aux femmes victimes de violence, gérés par des associations, soit seulement quelques dizaines de places.

Ils ferment les uns après les autres », déplore Sabrina El Maalem.La nouvelle loi ne prend pas en compte le viol conjugal de manière spécifique, comme le réclament les normes internationales. Pourtant « les deux tiers des femmes que nous accueillons viennent pour des violences conjugales », relève Aïcha Ferdaous, responsable du centre d’écoute.

Selon l’enquête du ministère de la famille, 52,5 % des femmes mariées et 54,4 % des fiancées ont été victimes de violence.Seulement 6 % des victimes portent plainteQuant au harcèlement de rue, « ces violences sont moins signalées car les gens ne réalisent pas que le harcèlement est une violence. Ce sont des agressions qui sont normalisées », souligne Sabrina El Maalem.

.Enfin, l’étude du ministère de la famille révèle que seulement 6 % des femmes violentées ont porté plainte.....


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